Home / kigogo / Les victimes de la décentralisation

Les victimes de la décentralisation

La carte sociale du Bénin n’est plus que trop clairement tracée déjà. D’un côté, se trouvent les bienheureux de la République, les barons de la politique qui ne manquent aucune occasion pour vider dans leurs proches et les comptes de leurs proches les fonds publics ; de l’autre, se retrouvent des populations affaiblies par le paiement d’impôts et de taxes diverses. Ployant sous le poids de la faim, du froid, de maladies diverses et du stress, elles devraient, sans doute avoir commis le plus grand des 7 péchés de la vie. Les histoires de détournement de fonds destinés à la réalisation d’infrastructures, à la santé, à l’éducation ou à l’eau sont là pour attester de ce que, pour vivre heureux sous le soleil béninois, il faut mettre le pied dans l’arène politique.

Le mal est partout. Au plus haut sommet de l’Etat comme dans ses démembrements les plus minuscules. Les élus locaux, dont la fonction première est de sentir et de vivre le chaud et le froid avec leurs administrés, leurs frères et sœurs, leurs pères et mères, leurs cousins et cousines, tous ces gens si proches d’eux, leurs voisins. Ils seront passés à côté de leurs missions. Devenus des vautours, ils prennent comme idoles, ces ‘’gens haut placés’’ qui ne vénèrent que l’argent et pour lesquels, la personne humaine n’a plus de valeur. Nos maires et leurs adjoints, à force de se mirer dans la méchanceté des ‘’gens haut placés’’ sont devenus plus impitoyables et étonnement insensibles que leurs idoles. Les maires peuvent, désormais s’octroyer des primes les plus ridicules, affiner des stratégies les plus inimaginables pour donner des marchés à leurs acolytes s’ils ne se choisissent eux-mêmes pour les exécuter. Scandale ! Oublié dans les champs de coton, de maïs ou d’igname, les paysans n’ont pas assez de larmes pour pleurer leurs malaventures.

Et ils ne sont pas les seules victimes de la décentralisation.

Les femmes, oui nos épouses et nos mères souffrent le martyr dans les marchés. Défiant le soleil, bombant le torse contre la pluie, elles essuient de leurs vies les poussières de l’humanité pour nourrir leurs familles dont le sort était de mourir de faim. D’autres encore, enfant au dos sont parties dans les champs avant le lever du soleil où elles resteront toute la journée. Hommages à celles-là qui font la croix et la bannière pour offrir un plat à  leurs familles le soir. Rien que cette soirée.

Et elles ne sont pas les seules victimes de la décentralisation.

Les jeunes gens, revenus des universités sont à la maison priant la divine miséricorde que leur soleil se lève, enfin. Ce n’est, pourtant pas pour demain. En attendant « le vote des bêtes sauvages », ils devront essayer l’alcool, le sexe, la drogue, le viol, le vol. Il semble que ce sont des crimes. Dans cet environnement là, je les appelle des passe-temps.

Et ils ne sont pas les seules victimes de la décentralisation.

Il y a aussi la petite classe de politiciens pour laquelle l’argent est également devenu le seul but de la vie. Au Bénin, peu de maires et leurs adjoints réfléchissent progrès. Les écoles, l’eau potable, l’emploi des jeunes, l’électricité, le logement, la promotion de la culture et le lot de besoins et de problèmes rencontrés par leurs administrés sont rejetés sur le dos de l’Etat central. Ceux là aussi sont des victimes de la décentralisation. Sauf qu’ils sont du bon côté de la carte sociale nationale. Mais, shut ! N’en parlez pas !

Christophe D. AGBODJI

About lobby

Check Also

Choisir la bonne personne a toute son importance pour réussir sa vie amoureuse

Comment trouver le bon partenaire en 7 étapes faciles

Être heureux peut paraître évident pour certaines personnes mais pour d’autres, cela relève parfois du …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>