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Formaliser l’informel

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(Comme ses communes, le Bénin dispose dun budget essentiellement fiscal.)

L’opération de libération des espaces publics entamée dans les trois villes à statuts particulier du Bénin ainsi que dans certaines de ses villes secondaires continue sous le vent mêlé de frustrations et de satisfactions. Et derrière les casses des engins, s’amoncellent des gravats et autres résidus sauvages à aménager au plus vite pour le confort des citadins. Car le principal but visé ici est l’amélioration du cadre de vie des populations. Cette action de salubrité impacterait positivement sur la fluidité de la circulation urbaine et conduirait à l’embellissement de nos trottoirs voire in fine moderniser le tissu microéconomique social desdites communes. L’investissement devrait alors incessamment retrouver de terrains libres pour ériger les bases du développement durable.

De la formalisation en vue…

L’autre objectif inavoué de cette opération nationale de déguerpissement viserait, à n’en pas douter, à maximiser la formalisation de ces milliers de petites entreprises individuelles. Plus de 90% des unités économiques évoluent dans l’informel et c’est semble-t-il l’occasion rêvée de les ramener dans l’assiette fiscale communale et/ou nationale. D’ailleurs, dégagés des trottoirs, nombre d’entre eux se sont déjà orientés dans des espaces appropriés pour constituer de nouveaux centres commerciaux. À Cotonou, à Porto Novo, à Bohicon ou à Parakou de nouveaux marchés sont nés et bien organisés où le recouvrement deviendrait facile pour les services fiscaux.

Le dynamisme économique local qui se traduit par la prolifération de petites activités largement répandues dans ces centres urbains est un véritable levier de la croissance économique béninoise. Ces petits métiers au sein desquels les femmes et les jeunes diplômés ou non, mais sans emploi, occupent une place de choix contribuent à la réduction du problème de chômages.

Plusieurs études ont montré qu’avec le Bénin englué dans le sous-développement depuis 56 ans d’indépendance, c’est essentiellement ce secteur informel qui accueille le plus grand nombre de ces demandeurs d’emplois. Mais au-delà de sa fonction d’amortisseuse de tensions sociales, ce secteur mal organisé doit, par cette opération,  être intégré progressivement au secteur formel afin d’apporter une contribution substantielle au Budget Général des communes et de l’Etat.

C’est là, indubitablement, une niche de prospérité pour les communes qui doivent dorénavant mieux s’organiser pour rentrer ces recettes tant perdues et qui s’annoncent aujourd’hui promoteur. Et pour cela, les Maires et leurs Conseils Municipaux doivent éradiquer de leur gouvernance l’évasion et la fraude fiscale. Ces maux associés au manque de professionnalisme des agents collecteurs et à l’incivisme des citoyens ont longtemps fragilisé les caisses du développement à la base.

Mais encore, il faudrait concomitamment aux opérations de recouvrement forcé, renforcer les campagnes de sensibilisation à l’endroit de ces potentiels contributeurs locaux. D’autant plus qu’il parait évident qu’aucune autorité, Crésus qu’il soit, ne peut à lui tout seul développer une localité. C’est avec le soutien de tous les fils et toutes les filles que le développement se fera. Les impôts et autres patentes doivent être acquittés et utilement employés au service de l’intérêt général.

Richard ADODJEVO

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